Kim Jong-un cache-t-il un fils ? Le renseignement sud-coréen enquête, mais maintient sa fille comme héritière probable

Kim Jong-un cache-t-il un fils ? Le renseignement sud-coréen enquête, mais maintient sa fille comme héritière probable

Séoul continue d’examiner l’hypothèse d’un fils aîné dissimulé du dirigeant nord-coréen, tout en réaffirmant que Kim Ju-ae, 13 ans, reste la candidate la plus crédible à sa succession.

Le Service national de renseignement sud-coréen (NIS) a confirmé jeudi qu’il poursuivait ses investigations pour déterminer si Kim Jong-un a un fils tenu secret, tout en précisant qu’un tel enfant, s’il existait, ne serait de toute façon pas en position de succéder à son père dans les circonstances actuelles.

Ce que dit le communiqué du NIS

Dans une déclaration publiée jeudi, l’agence de renseignement sud-coréenne a réaffirmé son évaluation antérieure : c’est bien la fille de Kim Jong-un, surnommée Kim Ju-ae et âgée d’environ 13 ans, qui demeure l’héritière la plus probable à la tête de la Corée du Nord — pays dirigé par Kim depuis la mort de son père Kim Jong-il en 2011.

Le NIS a également indiqué chercher toujours à vérifier si Kim Ju-ae a un frère aîné, tout en soulignant que même l’existence d’un tel fils ne changerait pas la donne dans le contexte actuel. L’agence a par ailleurs révélé que Kim Jong-un aurait un enfant plus jeune, dont le sexe n’a pas été confirmé à ce stade.

Le communiqué ne détaille pas l’évaluation du NIS quant à la solidité de la position politique de Kim Ju-ae, mais fait état d’une analyse poussée de ses apparitions publiques et des protocoles d’État qui lui sont désormais appliqués — des éléments scrutés de près par les observateurs de la Corée du Nord comme des indices de son statut au sein du régime.

Cette prise de parole du NIS semble répondre à des informations de presse récentes selon lesquelles les services de renseignement sud-coréens auraient conclu que Kim n’avait pas de fils avec son épouse, Ri Sol-ju.

L’ascension publique de Kim Ju-ae

Depuis la fin de l’année 2022, la fille de Kim Jong-un a accompagné son père lors de nombreux événements officiels de premier plan, parmi lesquels des tirs de missiles et de grands défilés militaires. Elle était encore récemment à ses côtés pour la cérémonie de mise en service du destroyer Kang Kon.

Les médias d’État nord-coréens la présentent régulièrement comme l’enfant « préférée » de Kim Jong-un et diffusent abondamment des images mettant en scène leur proximité, alimentant les spéculations sur une possible préparation à la succession.

Le nom même de Kim Ju-ae n’a jamais été officiellement confirmé par Pyongyang : il repose sur le témoignage de l’ancien joueur de NBA Dennis Rodman, qui affirme avoir tenu la fillette dans ses bras lors d’un séjour à Pyongyang en 2013.

Un frère aîné : hypothèse persistante, jamais confirmée

La question d’un éventuel frère aîné n’est pas nouvelle. En 2023 déjà, un parlementaire sud-coréen avait affirmé que le NIS avait informé une commission législative de l’existence d’un tel frère. L’agence aurait ensuite nuancé ces propos, précisant qu’elle cherchait encore à vérifier cette information.

Cette question dépasse la simple curiosité généalogique : elle est centrale dans les analyses sur les scénarios de succession en Corée du Nord, un régime marqué par un système patriarcal profondément enraciné et une domination masculine historique. Depuis la fondation du pays en 1948, les trois dirigeants qui se sont succédé ont tous été des hommes de la lignée Kim — Kim Il-sung, puis Kim Jong-il, puis Kim Jong-un.

Photo par : The White House from Washington, DC

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Une succession féminine, un scénario contesté

Plusieurs experts doutent que les hauts responsables nord-coréens, souvent âgés, acceptent d’être dirigés par une femme. D’autres analystes soulignent un risque structurel à plus long terme : si Kim Ju-ae accédait au pouvoir et épousait un homme extérieur à la famille Kim, la transmission du pouvoir à leur descendance pourrait, à terme, mettre fin au règne dynastique de la famille.

D’autres observateurs avancent une explication différente à l’incertitude actuelle : à 42 ans, Kim Jong-un serait encore trop jeune pour désigner formellement un héritier, une décision qui reviendrait à entamer, d’une certaine manière, son propre pouvoir absolu.

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