Gaz : la facture s’envole de nouveau, +6,3 % dès le 1er octobre pour 6 millions de foyers

Gaz : la facture s’envole de nouveau, +6,3 % dès le 1er octobre pour 6 millions de foyers

Après une hausse de 5,6 % en septembre, le prix repère du gaz grimpe une nouvelle fois, de 6,3 %, au 1er octobre. En cause : la flambée des cours sur les marchés de gros européens, tirée par la crise dans le détroit d’Ormuz. Décryptage d’une facture qui pourrait finir l’année 10 % plus salée qu’en 2025.

L’automne commence mal pour le portefeuille des ménages français qui se chauffent au gaz. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé, jeudi 10 septembre, une nouvelle augmentation du prix repère de vente du gaz (PRVG) : +6,3 % TTC au 1er octobre. Le mégawattheure passera ainsi de 172,05 euros en septembre à 182,88 euros le mois prochain — un niveau plus élevé qu’à aucun autre moment depuis le début de l’année, et très loin des 136,84 euros observés en octobre 2025.

Une deuxième claque en un mois

Cette hausse fait suite à celle, déjà brutale, de 5,6 % appliquée le 1er septembre. En deux mois, la composante « fourniture » du prix repère aura donc bondi de près de 12 %. Concrètement, la CRE chiffre l’impact de ce nouveau relèvement à environ 5,28 euros de plus sur la facture mensuelle des ménages concernés.

Le prix repère du gaz n’est pas, en tant que tel, une offre commerciale que l’on peut souscrire. Depuis la disparition des tarifs réglementés de vente le 1er juillet 2023, il sert avant tout de référence : d’un côté pour aider les consommateurs à comparer les offres des fournisseurs, de l’autre comme indice sur lequel sont indexés certains contrats. Il se décompose en trois parties — la fourniture, l’acheminement du gaz et les taxes — et seule la première évolue chaque mois, en fonction des prix constatés sur les marchés de gros le mois précédent.

Qui est vraiment concerné ?

Toutes les factures ne bougent pas de la même façon. Selon la CRE, environ 6 millions de foyers, soit près de 60 % des abonnés résidentiels au gaz, ont souscrit une offre indexée sur ce prix repère et verront donc leur facture progresser en octobre. Les autres — près de 40 % des consommateurs, qui avaient opté fin 2025 pour un contrat à prix fixe — ne sont pas concernés par ce relèvement mensuel. En France, au 31 mars 2026, 10,31 millions de ménages disposaient au total d’un contrat de gaz naturel.

Premier réflexe utile pour qui s’inquiète de cette annonce : vérifier le type de contrat souscrit auprès de son fournisseur, car seule une indexation explicite sur le PRVG expose à la hausse d’octobre.

Pourquoi une telle flambée ? La guerre au Moyen-Orient en toile de fond

La cause de cette envolée ne se trouve pas en France, mais sur les marchés gaziers internationaux. Depuis fin février 2026, l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran a perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour une partie significative des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment celles du Qatar, premier exportateur mondial. À cela s’ajoutent des pannes de production en Australie et des capacités d’exportation qataries endommagées, qui devraient nécessiter plusieurs années de réparation.

Résultat : le TTF néerlandais, indice de référence du gaz en Europe, a dépassé début septembre les 80 euros le mégawattheure — un plus haut inédit depuis fin 2022-début 2023 — avant de refluer légèrement. Sur les marchés, chaque nouvelle annonce militaire autour du détroit se traduit par des à-coups de plusieurs points de pourcentage en une seule séance. Une partie de cette flambée trouve sa source dans les prix constatés en août, qui déterminent mécaniquement le tarif d’octobre via la formule de calcul du PRVG.

Les stocks pour l’hiver, un motif d’inquiétude modérée

Autre paramètre suivi de près à l’approche de la saison de chauffe : le niveau de remplissage des stockages souterrains français. Il atteignait 71,3 % début septembre, contre 59 % un mois plus tôt, porté par les livraisons de GNL en provenance des États-Unis, du Qatar et d’Australie via les terminaux de Dunkerque, Montoir-de-Bretagne, Fos-sur-Mer et Le Havre. La présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, a qualifié ces chiffres de « relativement rassurants », tout en rappelant que la France reste presque entièrement tributaire des importations pour sa consommation de gaz. L’objectif national de 85 % de remplissage avant l’hiver semble atteignable, mais reste suspendu à la disponibilité des cargaisons sur un marché mondial sous tension et à la concurrence croissante avec l’Asie pour capter les volumes.

Combien la facture annuelle va-t-elle grimper ?

Au-delà du seul mois d’octobre, la CRE a livré une première estimation pour l’ensemble de l’année. Si la situation reste globalement stable d’ici décembre, la facture annuelle de gaz d’un ménage pourrait être, en moyenne, 10 % plus élevée en 2026 qu’en 2025, soit environ 120 euros supplémentaires. Cet écart s’explique en grande partie par un effet de base : les prix du début d’année 2026 étaient relativement bas, ce qui accentue mécaniquement la hausse constatée sur l’ensemble de l’exercice.

Comment limiter la casse

Pour les ménages inquiets, quelques leviers restent disponibles :

  • Comparer les offres via le comparateur public du médiateur de l’énergie, en gardant à l’esprit qu’un contrat à prix fixe protège des à-coups mensuels, mais peut s’avérer moins avantageux si les cours redescendent.
  • Vérifier son éligibilité au chèque énergie et aux dispositifs d’aide existants, notamment pour les foyers modestes particulièrement exposés à la précarité énergétique.
  • Anticiper sa consommation hivernale : purge des radiateurs, réglages du thermostat, isolation des points froids — des gestes simples qui pèsent directement sur une facture appelée à rester sous tension au moins jusqu’au printemps.

Sauf accalmie rapide sur le front géopolitique et une reconstitution suffisante des stocks européens, les professionnels du secteur excluent, pour l’heure, tout retour à la détente sur les prix du gaz avant plusieurs mois.

Pixabay

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