Budget 2027 : Lecornu envisage de rogner les indemnités de ses ministres, la question des parlementaires reste en suspens
En pleine préparation d’un budget 2027 déjà miné par les fuites et les tensions politiques, Matignon teste une mesure aussi symbolique que modeste : réduire la rémunération des membres du gouvernement, de leurs conseillers, et peut-être, à terme, celle des députés et des sénateurs.
Une piste révélée par BFMTV, confirmée par Matignon
L’information a été dévoilée mercredi 9 septembre par BFMTV avant d’être confirmée par franceinfo auprès de l’entourage du Premier ministre. Sébastien Lecornu réfléchirait à diminuer l’indemnité mensuelle perçue par les ministres de son gouvernement, ainsi que celle de leurs conseillers au sein des cabinets ministériels. Aucun taux de baisse ni calendrier précis n’a pour l’instant été arrêté.
À titre indicatif, un ministre de plein exercice touche aujourd’hui une rémunération brute mensuelle d’environ 10 700 euros, contre environ 10 200 euros pour un secrétaire d’État. Ce sont ces montants que le chef du gouvernement souhaiterait voir revus à la baisse.
« L’exemplarité » comme argument politique
Du côté de Matignon, l’argument avancé est avant tout celui du symbole. Un proche du Premier ministre explique que Sébastien Lecornu ne se sentirait pas légitime à demander des efforts aux Français si l’exécutif n’y consentait pas lui-même en premier lieu. Cette logique de « justice » serait, selon cet entourage, un élément auquel les Français resteraient particulièrement sensibles dans le contexte budgétaire actuel.
Il faut toutefois relativiser la portée réelle de la mesure sur les finances publiques : la baisse des indemnités ministérielles n’aurait qu’un effet marginal sur un déficit qui se chiffre en dizaines de milliards d’euros. C’est d’ailleurs ce que reconnaît l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, aujourd’hui candidat Renaissance à la présidentielle de 2027, qui a salué la mesure sur franceinfo tout en admettant qu’elle ne changerait rien au niveau du déficit et de la dette. Pour lui, l’important reste le message envoyé.
Il s’agirait, si elle se confirme, de la première baisse de l’indemnité ministérielle depuis 2012, sous la présidence de François Hollande.
Et du côté des parlementaires ?
La question d’étendre l’effort aux élus de l’Assemblée nationale et du Sénat agite également les discussions. Plusieurs médias, dont Libération, évoquent une piste à l’étude consistant à réduire d’environ 10 % l’indemnité des députés et des sénateurs.
Sur ce point, Matignon se montre prudent : une telle décision ne relèverait pas de l’exécutif mais du Parlement lui-même, chaque assemblée étant seule compétente pour fixer les conditions de rémunération de ses membres. Interrogé sur le sujet, Gabriel Attal a pour sa part privilégié une autre piste, celle d’une réduction du nombre de parlementaires, qu’il juge porteuse d’économies plus substantielles.
Une méthode fragilisée par les fuites à répétition
Cette annonce s’inscrit dans une séquence budgétaire particulièrement chahutée. Depuis plusieurs semaines, Sébastien Lecornu dénonce des fuites répétées dans la presse sur les arbitrages en cours pour le projet de loi de finances 2027, la dernière en date portant sur une possible taxation de l’épargne salariale. Le Premier ministre a même annoncé avoir saisi la justice à ce sujet, estimant que ces informations, non confirmées par le gouvernement, ne constituaient ni des annonces officielles ni de simples ballons d’essai.
Ce climat de suspicion entoure désormais chaque piste d’économie évoquée dans la presse, y compris celle, plus consensuelle en apparence, d’une baisse des indemnités ministérielles.

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Un geste dans la continuité d’autres mesures d’économie
Cette réflexion n’est pas isolée. Depuis son arrivée à Matignon il y a un peu plus d’un an, Sébastien Lecornu a déjà rogné certains avantages accordés aux anciens Premiers ministres. Le gouvernement a par ailleurs renoncé à d’autres pistes plus impopulaires, comme la suppression de deux jours fériés, dans un contexte social déjà tendu marqué par des mouvements de contestation.
Reste à savoir si cette nouvelle mesure, encore à l’état de réflexion, se traduira concrètement dans le projet de loi de finances 2027, et si les parlementaires accepteront, de leur côté, de s’appliquer à eux-mêmes une cure d’austérité comparable.
Sources : BFMTV, franceinfo, LCP, Orange Actualités, Libération.



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