Trump face à un choix décisif sur l’Iran : « annihiler » le régime ou temporiser

Trump face à un choix décisif sur l’Iran : « annihiler » le régime ou temporiser

Le président américain Donald Trump a indiqué jeudi lors d’un entretien accordé à Axios qu’il approchait d’un tournant majeur dans la guerre contre l’Iran, évoquant la possibilité de relancer des frappes massives pour mettre fin au conflit.

Une décision qui se rapproche

Le ton employé par le président américain ne laisse guère de doute sur la gravité du dilemme auquel il dit être confronté. Trump a déclaré à Axios jeudi qu’il approchait d’un moment charnière dans la guerre contre l’Iran, à savoir s’il fallait relancer des attaques massives pour tenter de mettre fin au conflit. Ses propos, selon le média américain, marquent une nouvelle étape dans l’escalade rhétorique qu’il entretient depuis plusieurs mois autour du dossier iranien. Axios

Interrogé sur ses intentions, le président a été sans détour sur l’ampleur de l’option qu’il envisage, tout en laissant planer le doute sur sa décision finale.

Un calendrier lié au sommet du Golfe

Ce n’est pas la première fois que Trump tient de tels propos, mais leur timing n’est pas anodin. Ses déclarations interviennent à l’approche d’une rencontre prévue mardi avec les dirigeants de six pays du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman — en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Axios

Cette réunion pourrait s’avérer déterminante. Elle pourrait façonner la prochaine phase de la guerre, entre une nouvelle tentative diplomatique ou une intensification de l’action militaire. Si Trump souhaite reprendre des opérations de combat majeures, il aurait besoin du feu vert de ses alliés régionaux. Le président a d’ailleurs précisé vouloir profiter de ce sommet pour prendre le pouls de ses partenaires du Golfe avant toute décision. Axios

Plusieurs responsables américains estiment de leur côté que la situation actuelle — ni guerre ouverte, ni paix véritable — n’est pas tenable indéfiniment, et certains pensent que Washington pourrait relancer des opérations militaires d’ampleur après les élections de mi-mandat de novembre si aucun accord n’est trouvé d’ici là.

Le précédent d’août : quand Riyad et Doha avaient freiné Washington

Ce nouvel avertissement s’inscrit dans une dynamique déjà observée cette année. Début août, Trump avait renoncé à reprendre des opérations de combat majeures après que l’Arabie saoudite et le Qatar eurent exprimé leurs craintes de représailles iraniennes contre leurs installations pétrolières et gazières. Axios

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que les monarchies du Golfe retenaient la main américaine : dès mai, Trump avait indiqué avoir accepté de surseoir à une « attaque militaire à grande échelle » planifiée contre l’Iran, à la demande conjointe de l’émir du Qatar, du prince héritier saoudien et du président émirati, invoquant des négociations en cours jugées prometteuses par ces dirigeants.

Photo par: Shealeah Craighead

Domaine public

Une stratégie de pression « discrète » depuis l’été

Depuis l’épisode d’août, l’administration américaine a privilégié une approche moins spectaculaire mais tout aussi contraignante pour Téhéran. Washington a suspendu les négociations avec l’Iran, lancé une nouvelle campagne de sanctions économiques, maintenu un blocus naval sur les ports iraniens, et concentré l’effort militaire américain sur la réouverture du détroit d’Ormuz afin d’accroître le flux de pétrole vers le marché mondial. Axios

Les résultats de cette pression restent toutefois mitigés. Le trafic de pétroliers et de méthaniers dans le détroit a nettement augmenté, mais il demeure inférieur aux niveaux d’avant-guerre, et les prix du pétrole restent élevés. Axios

Sur le volet du blocus, le président américain s’est montré particulièrement satisfait des résultats obtenus. Trump a affirmé à Axios qu’aucun navire n’avait rejoint l’Iran depuis la mise en place du blocus naval, ajoutant que les tentatives en ce sens avaient été détruites par l’armée américaine. Il a également indiqué que Téhéran restait en contact direct avec Washington et que les Iraniens souhaitaient toujours parvenir à un accord. Axios

Une armée maintenue en alerte jusqu’à la fin de l’année

Sur le plan militaire, la posture américaine reste offensive par précaution. Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont ordonné à l’armée de maintenir son niveau de forces au Moyen-Orient jusqu’à la fin de l’année, selon des responsables américains, afin de rester prêts à un retour à des combats de grande ampleur. Axios

Ce statu quo militaire a un coût, et plusieurs responsables jugent qu’il ne pourra pas durer indéfiniment. Un haut responsable américain cité par Axios a résumé l’enjeu en des termes limpides : à un moment donné, il faudra bien trancher sur l’objectif final de cette stratégie.

L’après-guerre déjà à l’étude

Au-delà de la question immédiate d’une reprise des frappes, la Maison Blanche travaille en parallèle sur l’avenir de la région. L’administration prépare une stratégie post-conflit visant à organiser un effort régional de confinement de l’Iran tout en élargissant la normalisation des relations entre Israël et ses voisins. Axios

Ce plan, encore en phase de rédaction, doit orienter la politique américaine au Moyen-Orient une fois la guerre terminée et pour les deux dernières années du mandat de Trump. Deux échéances majeures pèsent sur cette planification : l’élection israélienne du 27 octobre et les élections de mi-mandat américaines en novembre. Axios

Une possible rencontre avec Netanyahu à New York

Autre élément à surveiller lors de son passage à New York : une éventuelle rencontre avec le Premier ministre israélien. Interrogé sur une possible rencontre avec Benjamin Netanyahu la semaine prochaine à New York, Trump a répondu de façon évasive : « Peut-être ». Axios


À retenir : entre pression économique et militaire soutenue, blocus naval jugé efficace par Washington, et un sommet crucial avec les monarchies du Golfe prévu mardi, la Maison Blanche semble se rapprocher d’un choix binaire sur l’Iran — reprise des hostilités ou nouvelle tentative diplomatique — sans que le président n’ait révélé s’il tranchera avant ou après les élections de mi-mandat de novembre.

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