Guerre Iran-États-Unis : la tension grimpe d’un cran dans le détroit d’Ormuz, Trump évoque une possible « annihilation » du régime

Guerre Iran-États-Unis : la tension grimpe d’un cran dans le détroit d’Ormuz, Trump évoque une possible « annihilation » du régime

Six mois après le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la situation dans le détroit d’Ormuz s’est encore détériorée cette semaine. Deux pétroliers ont été touchés par des projectiles non identifiés, Téhéran revendiquant l’un des tirs, tandis que Donald Trump laisse planer la menace d’une offensive décisive contre le régime iranien.

Deux tankers visés en 48 heures

Selon l’agence maritime britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), un pétrolier a été touché vendredi par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, provoquant un incendie à bord rapidement maîtrisé. L’équipage n’aurait pas été blessé, même si l’ampleur des dégâts environnementaux reste, pour l’heure, incertaine.

Ce nouvel incident survient quelques heures seulement après qu’un autre navire eut été visé au nord-est de Khasab, dans le sultanat d’Oman. L’UKMTO a par ailleurs indiqué avoir eu connaissance d’une troisième attaque, survenue mercredi, contre un tanker en sortie du détroit.

Du côté iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI/IRGC) a revendiqué, par l’intermédiaire des agences semi-officielles Mehr et Tasnim, avoir frappé un navire battant pavillon togolais accusé d’avoir tenté un « franchissement illégal » du détroit. Téhéran exige en effet depuis plusieurs mois que les navires commerciaux sollicitent une autorisation et empruntent une route validée par le régime avant de transiter par cette voie maritime stratégique, par laquelle passe environ un cinquième du pétrole mondial.

Il n’est pour l’instant pas établi si cette frappe revendiquée par l’IRGC correspond à l’un des deux incidents signalés par les autorités britanniques.

Trump : « annihiler » le régime, une option sur la table

Dans un entretien accordé jeudi au site Axios, le président américain a indiqué se rapprocher d’une décision majeure concernant la suite des opérations militaires. Interrogé sur une possible offensive de grande ampleur visant à renverser le pouvoir iranien, Donald Trump a répondu qu’il s’agissait d’un choix important et que tout restait possible le concernant.

Ces déclarations interviennent à quelques jours d’une rencontre prévue entre le président américain et plusieurs dirigeants du Golfe, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York la semaine prochaine. M. Trump a précisé vouloir faire le point avec ces alliés régionaux, dont plusieurs accueillent des forces américaines sur leur sol et ont été la cible de représailles iraniennes depuis le début du conflit. Une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’est pas exclue.

Un conflit enlisé depuis février

La guerre oppose depuis fin février les États-Unis et Israël à l’Iran, dans un affrontement qui s’est progressivement étendu à l’ensemble du Golfe. Six mois plus tard, le conflit semble s’être installé dans une impasse : Téhéran maintient sa pression sur le détroit d’Ormuz tandis que Washington poursuit son blocus des ports iraniens.

Plusieurs développements récents illustrent l’intensité persistante des combats :

  • Des responsables américains, cités sous couvert d’anonymat, affirment que les forces iraniennes ont abattu ces derniers jours au moins deux drones américains de type MQ-1, une famille d’appareils dérivée du Predator, utilisée notamment pour la surveillance et pouvant emporter des missiles Hellfire.
  • Un panel d’experts en droits humains mandaté par l’ONU a estimé jeudi qu’il existait des « motifs raisonnables » de considérer que deux frappes américaines menées au début du conflit pourraient constituer des crimes de guerre.
  • Vendredi, plusieurs centaines de milliers d’Iraniens ont participé à une mobilisation nationale orchestrée par les autorités, la plus importante depuis le début de la guerre. Le général Hassan Hassanzadeh, commandant au sein du CGRI, a fait état de plus de 600 000 personnes déjà inscrites pour recevoir un entraînement militaire, avec un objectif dépassant le million de participants.

La diplomatie sous tension

Sur le plan diplomatique, la semaine a également été marquée par un blocage au Conseil de sécurité des Nations unies. La Russie et la Chine ont opposé leur veto jeudi à une résolution américaine visant à prolonger d’un an le mandat d’un panel d’experts chargé de surveiller l’application des sanctions internationales contre l’Iran, réactivées l’an dernier via le mécanisme de « snapback » du plan sur le nucléaire iranien. Le texte a été rejeté par 11 voix contre 2, la Somalie et le Pakistan s’étant abstenus.

Dans un geste plus surprenant, le département d’État américain a par ailleurs annoncé avoir approuvé les visas de la délégation iranienne, y compris ceux du président Massoud Pezeshkian et du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pour leur permettre d’assister à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU. Washington a toutefois précisé que cette délégation, plus réduite que l’an passé, resterait soumise à des restrictions de déplacement et à une interdiction d’achat de biens de luxe.

Washington muscle ses alliés du Golfe

Sur le volet militaire, les États-Unis ont confirmé la vente à l’Arabie saoudite de 48 avions de combat furtifs F-35A Lightning II, construits par Lockheed Martin, pour un montant d’environ 24,3 milliards de dollars. Selon le département d’État, cette vente doit renforcer la capacité de dissuasion du royaume face aux menaces actuelles et futures, tout en améliorant l’interopérabilité avec les forces américaines et celles de l’OTAN.


Alors que les canaux diplomatiques restent ouverts — en témoigne l’autorisation accordée à la délégation iranienne pour l’ONU — aucun signe tangible ne laisse présager une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz ni une reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien. La décision que doit prendre Donald Trump dans les prochains jours sera scrutée de près par l’ensemble des chancelleries.


Source principale : CBS News, avec des éléments de contexte issus d’Al Jazeera, Reuters et de l’AFP.

Photo: Maison Blanche

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