Guerre en Iran : Trump évoque des pourparlers directs alors que la flambée des prix de l’essence menace les midterms

Guerre en Iran : Trump évoque des pourparlers directs alors que la flambée des prix de l’essence menace les midterms

Près de sept mois après le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran, le 28 février dernier, le président Donald Trump a affirmé mercredi avoir parlé « directement » avec Téhéran, assurant que les Iraniens « veulent conclure un accord » et que la guerre pourrait « avec un peu de chance » toucher à sa fin dans les prochains temps. Mais sur le terrain comme sur les marchés pétroliers, la situation reste loin d’être stabilisée, à quelques semaines d’élections de mi-mandat qui s’annoncent périlleuses pour les républicains.

Une « grande décision » annoncée par Trump

Dans un entretien accordé à Axios jeudi, le président américain a indiqué qu’une « grande décision » sur la suite du conflit était imminente. « J’ai une grande décision à prendre. Est-ce que je veux y aller et les anéantir [le régime iranien], ou non ? C’est une grande décision. Tout peut arriver avec moi », a-t-il déclaré.

Ce n’est pas la première fois que Trump tient ce type de propos au fil des mois de guerre. Mais cette sortie intervient à quelques jours d’une rencontre prévue mardi avec les dirigeants de six pays du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman — en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Selon Trump, son approche du conflit dépendra en partie de ce que lui diront ces chefs d’État alliés lors de cet échange.

Le président a par ailleurs affirmé mercredi que 159 navires de la marine iranienne avaient été coulés par les forces américaines depuis le début des hostilités.

Le front s’étend : Yémen, Liban, mer Rouge

Si l’attention se concentre sur les négociations entre Washington et Téhéran, le conflit régional continue de s’étendre sur plusieurs fronts parallèles.

Au Yémen et en mer Rouge, les Houthis — le groupe soutenu par l’Iran engagé dans un conflit armé avec l’Arabie saoudite — restent une source majeure d’instabilité. Un pétrolier a fait l’objet d’une tentative d’interception au large du sud du Yémen jeudi, à 75 milles nautiques à l’est d’Aden, selon le UK Maritime Trade Operations Center. La veille, Riyad avait accusé les Houthis d’avoir visé La Mecque avec un drone, accusation que le mouvement a démentie. Des débris d’un drone intercepté ont par ailleurs tué une personne et blessé deux autres dans la province de Taïf en Arabie saoudite.

Washington fournit un soutien militaire et de renseignement à l’Arabie saoudite mais n’est pas directement intervenu dans les combats contre les Houthis. Le vice-président JD Vance a indiqué mercredi que l’administration « suivait la situation de près », tout en mettant en garde contre les conséquences d’un retrait américain de la région : un tel scénario provoquerait selon lui une « crise énergétique mondiale », tant que les forces iraniennes continueront de viser le trafic maritime commercial.

Au Liban, les présidents libanais Joseph Aoun, français Emmanuel Macron et le roi Abdallah II de Jordanie se sont réunis jeudi à Paris pour discuter d’un soutien accru à l’armée libanaise, empêtrée dans un conflit non résolu avec le Hezbollah, toujours soutenu par l’Iran, dans le sud du pays. Selon Beyrouth, ces discussions portaient aussi sur une présence internationale destinée à prendre le relais de la mission de maintien de la paix de l’ONU, dont le mandat expire à la fin de l’année.

Sur le plan naval, le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir redirigé 104 navires commerciaux au Moyen-Orient depuis le début du blocus maritime imposé à l’Iran dans la mer d’Arabie.

Photo: Agence de presse Tasnim

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L’essence flambe, les républicains sous pression

C’est sur le terrain économique que la pression politique se fait le plus sentir. Le prix moyen de l’essence aux États-Unis a bondi de 1,6 % en une nuit, passant de 4,36 à 4,43 dollars le gallon selon l’AAA — soit une hausse de plus de 9 % sur un mois, alimentée notamment par les perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz liées à la guerre.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a reconnu mercredi cette réalité politique délicate, appelant ses collègues républicains à se concentrer sur la baisse des prix du carburant avant les élections de mi-mandat de novembre. « Bien sûr, les prix de l’essence sont trop élevés. Quand nous aurons réglé la situation dans le détroit d’Ormuz, cela aura un effet direct là-dessus et contribuera à faire baisser le coût des courses », a-t-il déclaré, tout en assurant que la menace d’une arme nucléaire iranienne avait été « réglée ».

Un ancien officier de la marine américaine, Arthur Busick, interrogé sur Fox & Friends First, a jugé « tout à fait possible » que la guerre s’achève dans la période entourant les élections de novembre, comme l’a laissé entendre Trump lors d’un meeting en Caroline du Nord mercredi. Il a toutefois averti qu’un échec à ramener Téhéran à la table des négociations pourrait constituer « une très grande difficulté » pour les républicains.

Sanctions, Chine et industrie de défense

Sur le plan diplomatique et économique, la Chambre des représentants a adopté mercredi une loi baptisée en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé, qui étendrait les sanctions visant les pays continuant d’acheter de l’énergie russe ou d’aider Moscou à contourner les sanctions internationales — un texte qui prévoit aussi une prolongation des sanctions américaines contre l’Iran jusqu’en 2031. Pékin, premier importateur mondial d’énergie russe en août selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur, a dénoncé une mesure de « juridiction extraterritoriale » contraire au droit international.

Le Trésor américain a par ailleurs réuni récemment des institutions financières internationales dans le cadre de l’opération « Economic Outcast », destinée à affaiblir puis faire s’effondrer le système monétaire iranien.

Côté industriel, le Pentagone a annoncé jeudi un accord-cadre avec Lockheed Martin pour accroître la production de missiles air-air de nouvelle génération, notamment le AIM-260 JATM, compatibles avec les F-22 et F-35. L’accord s’inscrit dans l’initiative « Arsenal of Freedom » portée par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth depuis janvier 2026.

Un conflit marqué par des cessez-le-feu rompus à répétition

Depuis son déclenchement fin février, la guerre a connu plusieurs tentatives de trêve, toutes rompues. Un premier cessez-le-feu de deux semaines avait été annoncé début avril, salué par Trump comme un « grand jour pour la paix mondiale », avant d’être prolongé sous conditions puis déclaré « à son plus faible niveau » et « sous respirateur artificiel » par le président lui-même mi-mai. Une nouvelle rupture est survenue en juillet, Trump qualifiant alors les autorités iraniennes de « vermine » avant d’accepter la reprise de discussions techniques. Ce historique de ruptures successives nourrit aujourd’hui le scepticisme d’une partie des observateurs quant à un règlement rapide et durable du conflit, malgré l’optimisme affiché cette semaine par la Maison-Blanche.

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