Jon Kyl, ancienne figure du Sénat américain, s’éteint à 84 ans
L’ancien sénateur républicain de l’Arizona Jon Kyl est décédé à l’âge de 84 ans, des suites de complications liées à une maladie neurologique, selon un communiqué diffusé par sa famille. Il avait annoncé en décembre 2025 avoir reçu un diagnostic de démence et s’était depuis retiré de la vie publique.
Une carrière de près de trente ans au Congrès
Né le 25 avril 1942 à Oakland, dans le Nebraska, Jon Kyl a grandi dans une exploitation agricole de l’Iowa, une circonscription que son père représentait alors à la Chambre des représentants. À 18 ans, il quitte l’État pour rejoindre l’Université de l’Arizona, où il rencontre son épouse Caryll et obtient son diplôme de droit.
Avant de se lancer en politique, Kyl s’illustre comme avocat au service d’une grande compagnie de distribution d’eau, contribuant à l’élaboration du code de gestion des eaux souterraines adopté par l’Arizona en 1980 — un texte pionnier qui a instauré un cadre réglementaire pour gérer cette ressource dans un État confronté à la sécheresse, notamment autour de Phoenix et Tucson.
Élu en 1987, il siège huit ans à la Chambre des représentants avant de rejoindre le Sénat en 1995, où il passera dix-huit années, complétées plus tard par un mandat de quatre mois destiné à pourvoir le siège laissé vacant par la mort du sénateur John McCain. Sa carrière traverse ainsi plusieurs mutations profondes du Parti républicain, de la présidence de Ronald Reagan jusqu’au premier mandat de Donald Trump.

Domaine public
Un « bourreau de travail » discret
Lors de son dernier mandat complet au Sénat, ses collègues républicains l’élisent whip minoritaire, faisant de lui le numéro deux de la formation dans la chambre haute. L’ancien gouverneur républicain de l’Arizona, Doug Ducey, qui le considérait comme un mentor, le décrivait comme un véritable homme d’État, discret et méthodique au milieu des figures plus tapageuses de Washington — rappelant qu’on le retrouvait souvent en classe économique de l’avion, plongé dans la lecture de projets de loi.
Kyl s’était retiré de la politique en 2013 pour devenir lobbyiste, avant de revenir brièvement au Sénat en 2018, nommé par Doug Ducey pour combler la vacance laissée par John McCain. Donald Trump avait alors salué sa nomination avec enthousiasme. Moins de quatre mois plus tard, Kyl rejoignait de nouveau le cabinet de lobbying Covington & Burling.
L’artisan de grands dossiers sur l’eau et la justice
Kyl reste particulièrement associé à la politique de l’eau dans l’Ouest américain. En 2004, il est l’auteur d’une législation ayant permis l’un des plus importants règlements de droits sur l’eau jamais accordés à une communauté autochtone, offrant à la Gila River Indian Community une allocation annuelle équivalente à près de 313 500 piscines olympiques, au terme d’une bataille de plusieurs décennies. Le sénateur Mitch McConnell avait salué en 2012 son éthique de travail « légendaire », soulignant que Kyl avait œuvré en coulisses pendant quinze ans pour faire aboutir cet accord. Le centre de politique de l’eau de l’Université de l’Arizona porte aujourd’hui son nom ; sa directrice, Sarah Porter, a salué un homme soucieux du bien commun et des générations futures.
Sur le plan judiciaire, Kyl a joué un rôle déterminant, en tant que lobbyiste, dans la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, le guidant à travers le processus sénatorial au point d’être surnommé son « sherpa ».
Il s’était aussi engagé sur des dossiers plus clivants : partisan de la construction d’une barrière frontalière le long de la frontière avec le Mexique, il avait par ailleurs cosigné avec des démocrates un projet de loi visant à offrir une voie vers la citoyenneté à des personnes sans papiers, texte qui n’avait finalement pas abouti. Selon Doug Ducey, son influence la plus marquante tient toutefois à la cohésion qu’il a su maintenir au sein du groupe républicain face à la réforme de santé de Barack Obama, ainsi qu’à son soutien indéfectible à Israël.
L’annonce de la maladie, puis la disparition
En décembre 2025, Kyl avait révélé son diagnostic de démence en évoquant les mots employés par Ronald Reagan lorsque ce dernier avait annoncé sa propre maladie d’Alzheimer. Il s’était alors dit confiant dans l’avenir de l’Arizona et du pays, se décrivant comme un homme « très chanceux » malgré l’épreuve qui s’annonçait.
Source : CBS News / Associated Press, 17 septembre 2026.



Laisser un commentaire