Cap-Haïtien : Le calvaire d’une ville défigurée par un projet d’eau potable sans fin !
Par Yvens Jean Baptiste
Depuis quelques années, la deuxième ville d’Haïti vit sous le signe du chaos. Ce qui devait être une promesse de modernité et d’accès aux services de base s’est transformé en un véritable cauchemar urbain. En effet, la ville du Cap-Haïtien devient la cité de destruction de la DINEPA/OREPA Nord.
Le projet de réhabilitation du réseau d’eau potable, financé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID), a transformé les rues historiques et les artères principales du Cap en un labyrinthe de tranchées béantes et de monticules de terre. Si l’intention initiale, fournir de l’eau potable à la population est louable, l’exécution actuelle frise l’irresponsabilité.
L’indignation grandit chez les riverains qui constatent que, malgré ces mois de « destruction massive », les robinets restent désespérément secs. Le contraste est frappant : la ville est démolie, mais l’eau ne coule toujours pas.
Au-delà de la poussière et des embouteillages monstres, c’est la sécurité des citoyens qui est en jeu. Cette gestion de chantier défaillante a déjà provoqué : De nombreux accidents de la route impliquant motos et véhicules incapables de naviguer dans ce terrain accidenté.Des chutes de piétons, faisant de nombreuses victimes parmi les écoliers et les personnes âgées.Une paralysie économique pour les commerces de bord de route, asphyxiés par l’inaccessibilité de leurs locaux.
Malgré les efforts répétés de la municipalité pour coordonner les travaux et limiter les dégâts, le constat reste amer. Les autorités locales semblent avoir peu de prise sur la gestion de l’OREPA Nord et des firmes d’exécution. Ce projet, censé être un levier de développement, est aujourd’hui perçu par beaucoup comme un véritable désastre infrastructurel et social.
« On détruit tout, on ne répare rien, et on nous laisse dans la boue », déplore un habitant de cité champin.
Il est urgent que la DINEPA et ses bailleurs de fonds, notamment la BID, prennent leurs responsabilités pour finaliser ces travaux et rendre à la « Cité Christophienne » son éclat et sa dignité.



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