Assassinat de Me Albert Joseph : Le Commissaire du Gouvernement Charles Édouard Durand a-t-il Respecté la Procédure ?

Assassinat de Me Albert Joseph : Le Commissaire du Gouvernement Charles Édouard Durand a-t-il Respecté la Procédure ?

Fort-Liberté, 6 octobre 2025 – L’assassinat de l’avocat Albert Joseph, survenu le 24 septembre dernier à Ouanaminthe, continue de soulever des débats. Selon nos sources, le Commissaire du Gouvernement Me Charles Édouard Durand a transféré le dossier au juge d’instruction après l’arrestation du Pasteur Moïse Joseph et de Mme Michèle Adrien Étienne. Certains observateurs critiquent cette décision et réclament la libération immédiate des prévenus.

Me Albert Joseph, 56 ans, avocat et employé de la Police Nationale, a été abattu par deux hommes à moto le 24 septembre vers 19h30. La victime a reçu plusieurs balles, dont trois à la tête. Le lendemain, la police a arrêté le Pasteur Moïse Joseph et Mme Michèle Adrien Étienne, tous deux dénoncés par la famille de la victime.

Lors d’une perquisition au domicile du pasteur, les enquêteurs ont saisi trois armes à feu, des munitions et des menottes. Les deux prévenus nient toute implication dans le crime.

Selon le Code d’Instruction Criminelle haïtien, le Commissaire du Gouvernement reçoit les plaintes et mène les premières vérifications. Dans les cas graves comme un meurtre, il peut soit continuer l’enquête préliminaire, soit transférer immédiatement le dossier au juge d’instruction.

Selon , un avocat spécialisé en droit pénal (contacté pour cet article), explique : “Le Commissaire n’est pas obligé de tout enquêter lui-même. Dès qu’il y a des indices sérieux dans un crime grave, la loi l’autorise à saisir le juge d’instruction qui dispose de plus de pouvoirs.”

En transmettant le dossier au juge d’instruction, Me Durand a appliqué la procédure standard. Le juge d’instruction peut ordonner des expertises balistiques, interroger les témoins sous serment et confronter les accusés. Il décide aussi qui reste en détention provisoire ou qui peut être libéré.
“Le Commissaire ne pouvait pas libérer les prévenus sans enquête approfondie, surtout avec trois armes saisies et des accusations de la famille de la victime”, précise le spécialiste en droit en Pénal . “Mais il ne pouvait pas non plus les garder indéfiniment sans instruction. Le transfert était la solution conforme à la loi.”

Les Limites du Dossier Actuel
Le rapport de police repose principalement sur les dénonciations de la famille Joseph. Aucun test balistique n’a encore été effectué pour vérifier si les armes saisies ont servi au crime. Les deux prévenus nient les faits et bénéficient de la présomption d’innocence.
C’est justement le rôle du juge d’instruction de vérifier ces éléments. Si l’enquête ne révèle pas de preuves solides, il peut ordonner une libération. Dans le cas contraire, il peut renvoyer les prévenus devant le tribunal criminel.

Selon le spécialiste du droit pénal haïtien, rappelle un principe fondamental : “La justice ne doit céder ni aux pressions pour libérer, ni aux pressions pour condamner. Le Commissaire a transmis le dossier à qui de droit. Maintenant, le juge d’instruction doit enquêter de manière impartiale.”

Me Charles Édouard Durand a agi conformément à la procédure pénale haïtienne. Face à un assassinat avec des éléments troublants mais incomplets, il a transmis le dossier au magistrat compétent pour approfondir l’enquête. Cette décision respecte à la fois la loi et les droits des prévenus.
La suite de l’affaire repose désormais entre les mains du juge d’instruction, qui devra établir la vérité avec des preuves solides, pas avec des opinions.

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