Maradona serait-il mort du Covid-19 ? Le témoignage qui relance le procès de son équipe médicale

Maradona serait-il mort du Covid-19 ? Le témoignage qui relance le procès de son équipe médicale

San Isidro, Argentine — 23 septembre 2026. Près de six ans après la disparition de Diego Maradona, le procès de son ancienne équipe médicale vient de connaître un nouveau rebondissement. Un médecin légiste mandaté par la défense a affirmé devant le tribunal qu’on ne pouvait pas écarter l’hypothèse d’un décès lié au Covid-19, une théorie inédite qui vient percuter le récit établi depuis 2020.

Ce qu’il faut retenir

  • Le Dr Pablo Ferrari, légiste mandaté par la défense, a témoigné le 22 septembre 2026 à l’audience 44 du procès de San Isidro.
  • Il estime que l’absence de test Covid lors de l’autopsie constitue une « erreur méthodologique », rendant impossible d’exclure cette cause.
  • Il conteste également la thèse d’une agonie de plusieurs heures, évoquant une mort « subite », survenue en quelques minutes.
  • Ce témoignage clôt la présentation des témoins de la défense, à quelques semaines des réquisitoires et plaidoiries prévus jusqu’à fin octobre.

Un témoignage inattendu à un moment clé du procès

Le procès qui se tient au tribunal de San Isidro, dans le nord de Buenos Aires, examine la responsabilité de sept professionnels de santé — médecins, psychiatre, psychologue et infirmiers — dans la mort de l’ancienne star du football argentin, retrouvée sans vie le 25 novembre 2020 dans une résidence de Tigre où il se remettait d’une opération pour un hématome sous-dural. Les accusés sont poursuivis pour homicide avec dol éventuel, une qualification retenue lorsqu’une personne agit avec négligence tout en ayant conscience du risque mortel encouru, et qui expose à une peine pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison.

C’est dans ce contexte, alors que la procédure entre dans sa dernière ligne droite après plus de soixante-dix témoignages, que le Dr Pablo Ferrari est intervenu. Ce médecin légiste, chargé par l’un des accusés de réaliser une expertise a posteriori des circonstances du décès, a livré une analyse qui tranche avec celle présentée jusqu’ici par d’autres experts médicaux entendus dans le dossier.

Photo par : Alexandre Mysyakin

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« On ne peut pas exclure » le Covid-19

Selon le témoignage rapporté à l’issue de l’audience, le Dr Ferrari a pointé une lacune majeure dans l’autopsie pratiquée en 2020 : l’absence de dépistage du coronavirus, alors que celle-ci intervenait en pleine pandémie mondiale. Pour l’expert, cette omission empêche d’écarter formellement la piste d’une contamination ayant précipité le décès, le virus pouvant selon lui atteindre les voies respiratoires et évoluer très rapidement chez un patient fragilisé.

L’autopsie officielle avait conclu à un œdème pulmonaire aigu compliqué d’une insuffisance cardiaque chronique décompensée, dans un contexte de pathologies multiples : troubles rénaux et hépatiques, dépendance à l’alcool et aux psychotropes, et détérioration neurologique progressive. Le nouveau témoignage ne remet pas en cause ce diagnostic mais souligne qu’aucun élément ne permettait, à l’époque, d’exclure formellement un facteur viral supplémentaire dans l’effondrement brutal de l’organisme de l’ancien numéro 10 argentin.

Une mort « subite », pas une longue agonie

Au-delà de la question du Covid, le second axe du témoignage du Dr Ferrari porte sur la durée de l’agonie de Diego Maradona, un point central de l’accusation. Plusieurs experts entendus précédemment au procès avaient évoqué une phase agonique prolongée, pouvant atteindre plusieurs heures, durant lesquelles l’ex-champion du monde 1986 n’aurait reçu aucune assistance médicale — un argument central pour établir la négligence de l’équipe soignante.

Le légiste mandaté par la défense a opposé à cette thèse une lecture radicalement différente : selon lui, la période agonique n’aurait duré que de quelques minutes à, tout au plus, quelques heures, ce qui en ferait un décès brutal et difficilement évitable, quelles qu’aient été les conditions de surveillance sur place. Cette conclusion vient directement appuyer la ligne de défense des accusés, qui contestent depuis le début du procès avoir pu empêcher le décès.

Un contexte judiciaire déjà marqué par les rebondissements

Ce témoignage intervient après un parcours judiciaire chaotique. Un premier procès, ouvert en 2024, avait été annulé après la révocation d’une juge impliquée dans le tournage d’un documentaire non autorisé sur l’affaire, provoquant la démission des deux autres magistrats du tribunal. Un second procès a finalement débuté en mars 2026 devant une nouvelle formation de juges, après plusieurs mois de reports et de recours de la défense.

Depuis l’ouverture des débats, le procès a été marqué par des témoignages éprouvants, notamment ceux des filles de Diego Maradona, Dalma et Gianinna, qui ont accusé l’équipe médicale d’avoir trompé la famille sur les conditions réelles de la convalescence à domicile. Des policiers arrivés les premiers sur les lieux ont également décrit l’absence de tout équipement médical dans la chambre où reposait l’ancien joueur, ni lit d’hôpital, ni défibrillateur, contredisant la version d’une hospitalisation à domicile sécurisée.

Et maintenant ?

Le témoignage du Dr Ferrari marque la fin de l’audition des témoins cités par la défense. Le calendrier prévisionnel communiqué par le tribunal prévoit les déclarations finales de plusieurs accusés dans les prochains jours, avant l’ouverture des réquisitions du parquet et des plaidoiries des différentes parties, qui devraient s’étaler jusqu’à la fin du mois d’octobre 2026. Le verdict concernant les sept professionnels de santé jugés pour la mort de Diego Maradona est donc attendu dans les prochaines semaines.

Reste à savoir si cette hypothèse d’un décès lié au Covid-19, restée jusqu’ici marginale dans le dossier, pèsera dans la décision des juges, ou si elle restera une piste évoquée sans conséquence sur la qualification pénale des faits reprochés à l’équipe médicale de l’idole argentine.


Sources : témoignages recueillis à l’audience du 22 septembre 2026 devant le tribunal de San Isidro (Argentine) ; éléments d’autopsie et chronologie du procès rapportés par l’AFP et la presse sportive internationale.

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